Face à une personne qui s'est trompée, il peut se révéler utile de minimiser l'erreur afin de ne pas mettre l'erreurif (pour ne pas dire le fautif) dans une position d'infériorité. Cette attitude, que je pratique couramment dans le cadre de mon travail, permet de dédramatiser des situations stressantes, et j'en veux à mon patron de ne pas apprécier à sa juste valeur ma participation active à l'amélioration de la sécurité et de la qualité des activités de mon Entreprise.
Quand une personne déclare qu'une grandeur physique (une température, un débit, une pression...), augmente alors que manifestement elle diminue, je prends soin, dans un premier temps, de l'encourager, mais il est aussi indispensable de rétablir la réalité des faits.
Ainsi, je n'hésite pas à dire :
- Tu as raison, la pression monte, mais elle monte vers le bas.
De même, j'utilise souvent les expressions "se dégrader de mieux en mieux", ou "s'améliorer de pire en pire", précédées bien sûr de l'encouragement adéquat.
Essayez, vous verrez : même les personnes les plus susceptibles se mettent à accepter les critiques.
J'avoue, j'ai rencontré des réfractaires qui s'imaginaient que je me moquais d'eux.
Peut-être avaient-ils raison...
Considérant les hommageunanimes rendus à Michel, fils de Jacques, on ne peut que considérer comme le suicide d'Infâmes Lueurs cette paraphrase de Desproges (au fait, comment va-t-il ?) : quand John Lennon est mort, j'ai eu beaucoup de peine. Quand Michael Jackson est mort, j'ai repris trois fois des moules.
Desproges citait Brassens et Tino Rossi.
Contrairement à ce que nous avons écrit dans notre Manuel d'utilisation du Bon Dieu (livré avec notre Panoplie), notre bon dieu doit être branché en parallèle du circuit univers-individu-société humaine, en aucun cas en série - il ne doit pas être un maillon de la chaîne (fort risque de dogmatisme, de sectarisme, d'intégrisme).
Nous ne sommes pas responsables d'une utilisation de notre produit ne respectant pas cette règle.
Tout usage en dehors du cadre familial ou d'un cercle d'amis est dangereux et prohibé.
L'utilisation commerciale de notre produit est passible de poursuites.
Entendu sur Francinter : "Xavier Darcos a brûlé un peu vite les étapes".
Nous ne saurions empêcher Monsieur le Ministre de brûler les étapes, mais nous lui serions reconnaissants de le faire moins vite.
Le langage s'use. L'expression "brûler les étapes" s'affaiblit ? On dira donc "brûler un peu vite les étapes", expression qu'on raccourcira : bientôt, on entendra sur Frinter que le ministre a brûlé un peu vite.
Il est étonnant de constater à quel point les événements qui constituent la réalité se trouvent correspondre tout naturellement à l'idée que nous nous faisons de cette réalité, confortant ainsi chaque jour le bien-fondé de nos certitudes, ainsi que des quelques convictions que nous nous tolérons - tellement le mot "conviction" est connoté négativement (1).
Je me laisse parfois envahir par l'idée que, nos certitudes étant établies une fois pour toutes, la réalité telle que nous la percevons - à travers les filtres et les optiques déformantes que constituent le souvenir de nos rancoeurs, de nos bassesses passées et de nos renoncements, notre instinct, nos névroses - cette réalité de l'extérieur se moule à la perfection avec l'idée que nous en avons.
Et alors nous ressentons profondément que nous sommes heureux, que nous avons raison - et que les autres sont des cons.
Nos certitudes sont suspendues dans notre penderie à idées, et attendent qu'on vienne les chercher pour justifier nos actes. Nous ouvrons notre penderie et nous demandons avec quoi nous allons habiller ce que nous venons de faire ou de dire - mûs par des forces que nous ne comprenons pas, et croyant toujours à notre libre arbitre.
Exemple vécu (à plusieurs reprises) : je développe une idée, forcément intéressante. Plus tard, X, qui m'a écouté attentivement, déclare en public : "je suis d'accord avec Mangemanche, quand il dit que ..." Suit un exposé d'idées totalement étrangères aux miennes (les siennes), et qu'il vient manifestement de sortir de sa penderie à lui. Il est heureux, il a raison, et je suis d'accord avec ses idées.
(1) Si l'on considère qu'une conviction est une certitude raisonnée. Et une certitude, ce peut être un principe.
Mais si on considère la certitude comme une conviction raisonnée, on peut effectuer la permutation, éventuellement circulaire, des deux mots. Mon raisonnement n'est est aucunement affecté, ce qui prouve son essentielle véracité.
On entend souvent parler de personnes "en osmose", expression connotée de façon fortement positive. Mais qu'est-ce que l'osmose ?
Le Petit Robert 1923 (je crois) donne une définition plutôt compréhensible : "phénomène de diffusion qui se produit lorsque deux liquides ou deux solutions de concentrations moléculaires différentes se trouvent séparées par une membrane semi-perméable, qui laisse passer le solvant mais pas la substance dissoute". Application : l'osmose est employée pour la désalinisation de l'eau de mer : l'eau traverse la membrane semi-perméable, le sel reste à la porte ; ou pour purifier le sang dans la dialyse.
Alors, quel rapport avec par exemple les acteurs "en osmose" avec le réalisateur, et d'une façon générale des personnes travaillant ensemble "en osmose"? Il s'agit probablement d'une simple histoire d'ose. On dira aussi bien (voire mieux) des personnes "en kolkhose", "en fructose", "en Mermoz", "en scoliose"...
Peut-être aussi veut-on dire "en symbiose" (et là je vous laisse consulter le dictionnaire), mais si c'est le cas, le plus simple est d'utiliser l'expression "en symbiose". Pourquoi ne le fait-on pas ?
A vos dictionnaires des rimes, pour trouver des expressions encore plus cons !
Vieux sujet, que je retrouve en triant de vieilles revues.
On comprend facilement les arguments des personnes protestant violemment à Grenoble contre les nanotechnologies, et se prétendant progressistes.
Mais, considérant l'interminable liste des abominations qui accompagnent l'histoire de l'Humanité, elles devraient demander l'interdiction du feu, de la roue, du pétrole, et - on est radical ou on ne l'est pas - de la source de tout ce Mal : le cerveau humain.
Et pourquoi ne pas abandonner l'énergie nucléaire, pendant qu'on y est ?
Entendu sur Francinter : "les astronautes d'Atlantis ont sorti le téléscope Hubble de son orbite".
A ceux que la faible pratique de la chose astronomique interdit d'apprécier tout le sel de la phrase, je propose d'imaginer la situation d'un satellite (Hubble, par exemple), et d'un autre satellite (Atlantis !), qui se retrouvent côte à côte, à quelques centaines de kilomètres au-dessus de nous, en parcourant la même orbite, c'est à dire la même trajectoire. Le bras mécanique d'Atlantis saisit Hubble et le place dans sa soute. Et que devient l'orbite de Hubble ? Elle se retrouve abandonnée par le satellite, vide, seule !
Drame dans l'espace !
Où l'on comprend la nécessité d'avoir des policiers et des gendarmes particulièrement bien formés et contrôlés :
"Si on donne une canne à pêche à un imbécile, ça fait un imbécile heureux ; si on donne une arme à un imbécile, ça fait un imbécile dangereux."
Georges Moréas, ancien commissaire de police
Je ne pars pas sur une île déserte (1), mais je lance un grand jeu international. Il s'agit, comme souvent, d'un jeu qui n'est même pas amusant. Mais je ne dirai pas qu'il n'y a rien à gagner. Ce qu'il y a à gagner, ce sont les gagnants qui se l'offriront eux-mêmes avec leurs réponses.
Veuillez répondre aux questions suivantes, uniquement par OUI ou NON pour les deux premières :
- croyez-vous systématiquement tout ce qu'on vous dit ?
- mettez-vous systématiquement en cause tout ce qu'on vous dit ?
- Question pour départager les ex aequo : si vous avez eu le culot de répondre non aux deux premières questions, veuillez expliquer comment vous décidez d'accepter ou de mettre en doute, selon les cas, ce qu'on vous dit.
Règlement du jeu indisponible sur simple demande affranchie, postée en commentaire.
(1) Allusion à
Si vous partiez sur une île déserte...
Ce jeu est gratuit et sans obligation d'achat.
Les manuscrits non sollicités seront publiés sous un faux nom.
On a coutume de dire "il ne faut pas trop faire telle ou telle chose..." Il s'agit là d'une véritable troptaulogie !
En effet, comment définit-on le "trop"? Justement par ce qu'il ne faut pas faire.
Ainsi, la phrase initiale devient "il ne faut pas faire ce qu'il ne faut pas faire".
Sujet de réflexion : veuillez comparer les phrases suivantes :
- il ne faut pas boire trop de vin ;
- il ne faut pas boire trop d'eau ;
- il ne faut pas boire trop.
Vous avez sûrement noté chez le Sarkozy cette intonation particulière qui à chaque phrase superpose le message suivant : "ce que je suis en train de dire est une vérité incontestable, et ceux qui ne me croient pas sont des imbéciles, c'est l'évidence même".
Cet insupportable mépris n'est pas ressenti par ses admirateurs : cette vérité incontestable, ils la ressentent, bien sûr, sans trouver les mots pour l'exprimer, et que Sarkozy le Grand l'exprime avec les mots qui leur manquent ne fait que renforcer leur admiration envers lui.
Quant à moi, ce ton condescendant de l'idole de Doc Gynéco, Mireille Mathieu et Gilbert Montaniais (1) ne me fait que plus ressentir à chacun de ses mots le grotesque du personnage.
Nicolas le Grand affirmant couramment chaque chose et son contraire, je m'étonne que les sondages ne lui trouvent pas plus de 150 % d'opinions favorables.
(1) Et je ne mentionne pas Eric Besson, évidemment d'une autre carrure intellectuelle, qui aurait mieux fait d'abandonner la politique et d'aller s'occuper du club de foot de Nantes, comme il l'avait promis en public et en pleurnichant, à Loriol, juste avant l'élection présidentielle de 2007. Tous les renseignements sur cette tragique pantalonnade sont fournis sur simple demande.
J'entends ce soir sur Francinter Nick Mason, du groupe Pink Floyd, parler en détails de la genèse d'une chanson de l'album Dark Side of the Moon, un des plus grands succès (autant artistique que commercial) de l'industrie discographique.
Il s'agit d'un calque quasi parfait des propos de Maurice Chevalier, sur Francinter déjà, diffusés en août 1995, où celui-ci expliquait avec délectation de quelle façon sa chanson Prosper, initialement totalement anodine, avait été métamorphosée en chef-d'oeuvre par l'ajout de l'interjection "youp-là-boum" !
Je tiens à signaler aux mal-comprenants que si je me moque ici de quelqu'un, c'est bien de Maurice Chevalier.
Il n'est pas besoin de longues études pour savoir - ni de pédanterie pour le dire - que la connaissance de quelques mots ou racines de Latin ou de Grec, ou d'Anglais, d'Allemand, d'Italien, d'Arabe ou d'Espagnol, facilite grandement la connaissance de la langue française
Je sais bien qu'une langue qui ne s'use pas devient une langue morte, mais en entendant de plus en plus fréquemment employer le mot anachronisme pour paradoxe, j'en viens à me demander si les personnes qui chronomètrent se rendent vraiment compte qu'elles "mesurent le temps".
On ne mesure pas le temps, à proprement parler : on sait juste, simplement, mesurer son écoulement. Et cette notion n'est pas bien plus claire.
Desproges nous aurait parlé de la racine "chronos", le temps, et du préfixe "ana", très joli également.
Ou tentative d'épuisement de la localisation des ustensiles de cuisine.
Chère belle-maman,
vous venez de passer à la maison une semaine, qui s'est déroulée au mieux. Je ne sais qui de vous ou de moi en est le plus méritant.
Les jours ayant suivi votre départ se sont beaucoup moins bien passés.
J'ai voulu faire des nouilles (1).
Quoique ce soit une activité que je pratique assez rarement, j'y ai acquis une certaine dextérité.
En fin de cuisson, il faut "passer" les nouilles. Le mot "passer" est assez mal employé : en effet, quand on passe des nouilles à la passoire, en réalité les nouilles restent. C'est l'eau qui passe. Mais essayez de dire "j'ai passé de l'eau". On vous regardera drôlement. J'ai voulu passer mes nouilles. Pour cela, j'ai cherché ma passoire habituelle.
En vain.
Ma passoire en plastique violet, avec tamis blanc, était introuvable.
J'ai utilisé ma vulgaire passoire bleue, triste et laide.
Les nouilles étaient fades.
J'ai voulu touiller mon café.
Je bois mon café sans sucre, mais il importe qu'il soit touillé.
Après mon déjeuner, mon expresso doit être touillé avec une minuscule cuillère, qui serait juste assez petite pour nourrir un souriceau. Je m'en moque, c'est juste pour touiller mon expresso de 13 h.
Je n'ai pas trouvé ma cuillère à souriceau, j'ai dû utiliser une cuillère à café.
Mon café était fade.
J'ai voulu faire une vinaigrette.
Le bol à vinaigrette était introuvable.
J'ai pris un bol à café.
Ma vinaigrette était inexplicablement excellente.
Qu'ai-je trouvé en cherchant mon bol à café ? Le bol à vinaigrette !!! Rangé au milieu des bols à café !
Ça avait trop duré !
Il fallait une campagne de réorganisation de MA cuisine, et pour cela écrire les règles jusqu'à présent tacites, donc sujettes à interprétation, voire à moquerie.
Rangement des cuillères.
- Dans le tiroir de gauche :
- Au fond : les cuillères courtes, mais pas trop fines (à café, à moka).
- Devant : les cuillères longues : à soupe, ou à café (pour mugs ou pots de khonfiture(2)).
- Dans le tiroir de droite :
- Au fond : les cuillères à café en argent, en inox, ou imitation Laguiolle avec manche en plastique coloré.
- Devant : à droite, avec certains couteaux, les cuillères à souriceaux.
Rangement des fourchettes.
- Dans le tiroir de gauche :
- A gauche : les fourchettes en acier à ferrer les ânes (qui servent pour la préparation des repas ainsi que pour le petit déjeuner).
- Dans le tiroir de droite :
- Au fond : les fouchettes à dessert en inox.
- Devant : les fourchettes de table en inox (midi et soir).
Rangement des couteaux.
- Dans le tiroir de gauche :
- A gauche, les couteaux utilisés à table.
- A droite, les couteaux de cuisine de taille petite et moyenne.
- Dans le tiroir de droite :
- A gauche, les couteaux de table en inox (repas de gala, ou repas normaux avec viande tendre - voire molle - ou poisson).
- A droite, les couteaux à fromage-et-dessert.
- Devant, les trois gros couteaux à découper la viande, ainsi que la hachette que j'utilise pour montrer qu'il faut pas me chercher.
Rangement des bols.
- Dans le placard côté frigo : les bols utilisés pour le petit déjeuner.
- Dans le placard côté fenêtre : les bols utilisés pour la cuisine, par exemple pour la vinaigrette.
J'ai retrouvé la passoire au milieu des boîtes en plastique - probablement parce qu'elle était en plastique.
Belle maman, la prochaine fois que vous viendrez passer quelques jours à la maison, ayez en mémoire tout ceci. Je vous conseille de l'imprimer.
(1) - Dialogue extrait des "Bâtisseurs d'empire", de Boris Vian (extrait approximatif, d'après un souvenir vieux de quelques décennies, et que je rectifierai dès que j'aurai retrouvé mon bouquin) :
- Qu'y a-t-il à manger ?
- Des pâtes.
- Alors faites-en.
- Mais ce n'est pas la peine d'en faire puisque je vous dis qu'il y en a.
(2) - Cantilènes en gelée, Chanson galante. De Vian aussi.